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Sommeil autonome : Pourquoi je ne vous conseillerai jamais de laisser pleurer votre bébé

Dernière mise à jour : 30 nov. 2023


Bébé qui pleure

Tout jeune parent épuisé a forcément déjà entendu parler de la fameuse « méthode 5-10-15 » aussi appelée « méthode d’attente progressive » ou « sleep training ». Pour résumer, il s’agit d’une recette selon laquelle, pour obtenir l’endormissement autonome de son enfant (le saint Graal !), il faudrait le laisser pleurer durant des périodes de plus en plus longues, soit 5 minutes, puis 10, puis 15, puis…. plus encore ? Malheureusement, de nombreuses personnes (et de nombreux médecins), faute d’être suffisamment bien informées sur la question, conseillent encore cette pratique. Il parait que ça marche mais cette méthode va-t-elle vraiment dans le bon sens ? Qu’est ce que cela implique pour le développement psychoaffectif du bébé?


Je vous dévoile 3 raisons pour lesquelles je ne vous conseillerai jamais de laisser pleurer votre bébé pour l’accompagner vers un sommeil plus autonome.


Qu’entend-on par « laisser pleurer » ?

Les pleurs du bébé ont des fonctions bien particulières (la nature est bien faite !). Ils permettent à l’enfant d’exprimer un besoin (de manger, de dormir, d’être câliné…), une émotion, un inconfort, et d’appeler l’adulte auprès de lui pour décrypter et répondre à son besoin. En appelant l’adulte à ses côtés pour s’occuper le lui, les pleurs du bébé participent également à la création du lien d’attachement. Pour le bébé humain qui naît en étant complètement dépendant de l’adulte, cela relève carrément d’un mécanisme permettant d’assurer sa survie !


Il est important de se rappeler que les pleurs du bébé sont involontaires (il ne le fait pas « exprès »). Un bébé ne pleure jamais pour rien. Malheureusement, il n’existe pas de formule magique ou de bouton off, et il serait irréaliste d’attendre d’un bébé qu’il ne pleure jamais ou de pouvoir calmer ses pleurs instantanément à chaque intervention.


En effet, les pleurs ne sont pas toujours faciles à apaiser. Tenter tant bien que mal de rassurer votre bébé sans pour autant réussir à y parvenir ne fait pas de vous un mauvais parent ! Par « laisser pleurer », j’entends : ignorer volontairement les pleurs de son bébé, ne pas y répondre, ne pas intervenir et de pas être présent et disponible auprès de lui. C’est donc le laisser pleurer seul de longues minutes voire dizaines de minutes jusqu’à ce qu’il s’arrête de lui-même. Ce n’est pas la même chose lorsque l’enfant pleure malgré la présence et les tentatives de rassurance de ses parents. Dans ce dernier cas, on ne peut à mon sens pas parler de « laisser pleurer ».


Rappelons toutefois qu’avant d’être des parents, nous sommes avant tout des humains avec nous aussi nos émotions et nos propres limites. Si passer le relais est impossible, mieux vaut laisser bébé pleurer seul, en sécurité dans son lit lorsqu’on se sent excédé par ses pleurs, le temps de redescendre en pression et afin d’être à nouveau plus disponible pour lui. Il s’agit ici de prévenir le risque de secouer son bébé.



Endormissement autonome : 3 raisons de ne pas utiliser les méthodes de « laisser pleurer »


1) Des répercussions sur le développement cérébral et psychoaffectif de l’enfant

Les connaissances en neurosciences affectives et sociales actuelles ont démontré que la qualité des relations (empathique, aimante, et soutenante) permet le développement optimal du cerveau.


Que se passe-t-il alors, à la lumière des neurosciences, lorsqu’on laisse un bébé pleurer de longues minutes ?


Ignorer les pleurs d’un bébé crée un stress important chez lui. Ce stress, lorsqu’il dure, induit l’accumulation de cortisol (l’hormone du stress) dans son cerveau. Les chercheurs ont pu mettre en évidence que le cortisol en grande quantité et accumulé de manière prolongée avait un effet nocif sur le bon développement cérébral du bébé.


L’enfant construit son lien à l’autre, sa confiance en l’autre et sa confiance en lui à travers son lien avec ses parents. C’est le fameux lien d’attachement qui se construit dès la naissance et dure toute la vie. Plus les parents répondront de manière rapide et adaptée aux émotions de leur bébé, plus ce lien sera sécure, et plus l’enfant sera capable de se rassurer lui-même, de construire une bonne estime de lui-même et de gagner en autonomie, notamment en ce qui concerne son sommeil !


Au contraire, qu’apprend le bébé lorsqu’il est laissé seul face à des émotions qu’il n’est pas capable de réguler par lui-même ? Et bien... qu’il ne peut pas compter sur ses parents. C’est dommage, car cela participera à la création d’un lien d’attachement insécure qui aura des répercussions futures sur ses capacités sociales et empathique ainsi que sur l’estime de soi.


On parle ici des effets de situations de stress émotionnel et relationnel prolongées et répétées. Qu’on se rassure, le cerveau du tout petit est très malléable et un stress ponctuel ne lui « grillera » pas définitivement les neurones. Mais tout parent souhaitant le meilleur pour son enfant afin qu’il puisse devenir plus un tard un adulte équilibré, il est toujours bon d’être bien informé sur le sujet.


2) Stress et culpabilisation parentale

Nous l’avons vu précédemment, le rôle des pleurs est d’appeler l’adulte à décrypter et répondre au besoin exprimé par l’enfant. Mais qu’est ce qui nous pousse à aller vers un enfant qui pleure ? Et bien c’est le stress ! Et oui, entendre un bébé pleurer crée naturellement un stress chez l’adulte qui ne sera soulagé qu’en se rapprochant de l’enfant et en recherchant instinctivement une solution de faire diminuer ou pour apaiser ses pleurs ! Sans cela, la survie du bébé ne serait pas assurée et le lien d’attachement indispensable au développement du petit humain ne pourrait pas se construire. (Je vous le disais, la nature est bien faite !)


Les parents que j’ai pu accompagner qui avaient tenté de laisser pleurer leur enfant jusqu’à ce qu’il s’endorme témoignent du stress que cela a pu provoquer chez eux. Ils rapportent également que cela ne leur paraissait pas naturel et faisait naître en eux un sentiment de grande culpabilité.


Une méthode «contre-nature » qui fait perdre aux parents leur confiance en eux, dans leur rôle et qui détériore le lien avec leur bébé ? Cela va clairement à l’encontre de mes valeurs professionnelles et de mon rôle de vous accompagner et de vous soutenir dans votre parentalité.



3) C’est contre-productif !

Pour s’endormir et dormir paisiblement, nous avons tous besoin de nous sentir en sécurité physique et affective. N’avons-nous pas plus de mal, nous, adultes, à nous endormir et à dormir paisiblement lorsque nous sommes stressés ou préoccupés ?


Pour le bébé, sa base de sécurité, c’est son parent !


Nous l’avons vu, lorsque ceux-ci n’interviennent pas alors que le bébé manifeste un besoin à travers ses pleurs, si cela dure, il se crée un état de stress important. Or, le stress est un des grands ennemis du sommeil et de l’endormissement !


On pense souvent qu’à force de le laisser attendre, il apprendra à s’endormir seul mais il n’en est rien ! Le cerveau du tout petit n’est pas suffisamment mature pour raisonner ainsi et il finira par s’endormir, oui… mais d’épuisement !


S’endormir c’est également se séparer. Plus le bébé sera rassuré sur la présence et la disponibilité de ses parents quoi qu’il arrive, plus il lui sera facile de se séparer au moment du coucher et donc de s’endormir sereinement. A l’inverse, les difficultés de séparation au moment du coucher ne feront que renforcer les difficultés d’endormissement et les réveils nocturnes.


Laisser pleurer un bébé pour qu’il devienne plus autonome avec son sommeil aura donc plutôt tendance à produire l’effet inverse de ce qui est attendu !




Pour résumer, laisser pleurer son bébé n’est selon moi pas la meilleure solution pour l’accompagner vers un sommeil plus autonome, bien au contraire ! En effet, plus votre bébé sera rassuré, moins il sera demandeur! Évidemment, l'endormissement autonome est un processus long, qui ne se fera pas du jour au lendemain. Cela implique pour les parents une grande disponibilité dans les premier mois, mais c’est un vrai investissement pour plus tard ! Et n’oublions pas que cela demande aussi de tenir compte des différents stades de développement de l’enfant et de la maturation de son cerveau dans l’évolution de son sommeil.



 

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