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Le rituel du coucher : pourquoi est-il si important ?


Moment privilégié du rituel du coucher: Papa qui lit une histoire à son enfant dans le lit avant de dormir.


Une étude de 2018 révèle que les enfants de moins de 5 ans qui ont un rituel de coucher ont un endormissement plus rapide et un sommeil moins haché et plus long.* Mais en quoi le rituel du coucher favorise t’il le sommeil de nos jeunes enfants ? Pourquoi est-il si indispensable ? Quelles fonctions remplit-il ? Voici quelques réponses à la lumière de données scientifiques. 


Un sas de ralentissement 

Comme l’illustrent les tracés d'électro-encéphalogrammes ci-dessous**, lors des phases d’éveil actifs ou dans des situations stressantes, les ondes cérébrales sont rapides (ondes Beta). Au contraire, plus l’on va glisser vers un état de détente ou de sommeil (ondes Delta), plus elles deviennent lentes.  


Image électro-encéphalogramme des ondes cérébrales lors des différents stades d'éveil et de sommeil.

Le passage d’un état d’éveil à un état de somnolence va donc nécessiter un ralentissement des ondes cérébrales et cela va notamment passer par une activité calme (lecture, écouter une musique douce...), un ralentissement du corps (s’allonger, relâcher ses muscles), et un ralentissement des pensées (ambiance calme et sereine grâce à la présence du parent). Ce sont autant de fonctions remplies par un rituel de coucher efficace et adapté. 


Le soir, il permet également de proposer à l’enfant un environnement propice au sommeil, par le fait de baisser les lumières, ce qui favorise la sécrétion de mélatonine (l’hormone du sommeil).  


Le rituel du coucher a donc une fonction de sas de transition entre l’activité du jour et le calme de la nuit qui aide l’enfant à ralentir et à glisser vers un état de somnolence indispensable à son endormissement. 

 

Des repères rassurants 

 

Les notions temporelles (minutes, heures, jours...) et l’anticipation ne sont pas encore acquises chez le tout petit. Ses repères temporels vont d’abord correspondre à un enchainement d’actions. 


Ainsi, la réponse d’un enfant de 5 ans à la question “quand vas-tu te coucher ?” ressemblera plutôt à quelque chose comme : “je mets mon pyjama, je me brosse les dents, je me couche dans mon lit, maman me lit une histoire, ensuite elle me fait un bisou, et après je dors”. *** 


Ayant du mal à se repérer dans le temps, ne pas savoir ce qui va se passer est source de stress pour le jeune enfant. Les repères, les rituels et les routines sont autant d’outils qui vont lui permettre de mieux anticiper les choses et de diminuer ce “stress”, véritable ennemi du sommeil.  


Le rituel du coucher apporte à l’enfant une stabilité rassurante et lui permet de mieux se repérer et d’anticiper le moment du coucher grâce à un enchainement d’actions qui auront lieu tous les jours, toujours de la même façon et toujours dans le même ordre. 

 

S’endormir, c’est se séparer... 

 

L’endormissement marque une véritable séparation entre l’enfant et son parent. Séparation qui, en fonction de l’histoire de la famille (vécu de la grossesse, déroulement de l’accouchement, évènements autour de la naissance, premiers liens d’attachement...), et du stade de développement psycho-affectif de l’enfant (phases normales de résistance à la séparation autour de 8 mois et autour de 18 mois), peut s’avérer plus ou moins difficile à traverser pour lui et source d’inquiétude. 


Le rôle du parent à travers le rituel du coucher est donc de rassurer son enfant à travers sa présence, sa disponibilité, et de remplir son “réservoir affectif” afin de faciliter la séparation liée à l’endormissement. 


L’objectif du rituel est ici de faire du coucher un moment agréable. Il permet à l’enfant de se préparer à la séparation et de trouver la rassurance nécessaire à un endormissement fluide et serein. 

 

 

En conclusion, je vous partage cette phrase de Marie-Josephe Challamel, pédiatre spécialisée dans le sommeil de l’enfant, lorsqu’elle évoque le rituel du coucher: “Pour réussir une telle base, point n’est besoin d’éléments compliqués. Choisir le meilleur moment, offrir à l’enfant un lieu de sécurité, lui apporter un temps spécifique de rencontre et de relation douce, lui donner la nuit, son lit comme des lieux de paix, et cela suffit... Cela vaut sûrement la peine d’y réfléchir.”**** 



 

Pour aller plus loin:

 

* Mindell, J. A. et Williamson, A. A. “Benefits of a bedtime routine in young children: sleep, development and beyond”, Sleep medecine reviews. Dans “le sommeil du jeune enfant” - Héloïse JUNIER – Editions Dunod, 2022 


 

 

**** “Le sommeil, le rêve et l’enfant” Dr Marie THIRION et Dr Marie-Josèphe CHALLAMEL – Editions Albin Michel, 2011 

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